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Ça faisait longtemps qu'on avait pas parlé de cul et autres testiboules sur L'écervelé, et ça nous (vous ?) manquait. C'était aussi parce qu'on avait rien lu de très bandant ces derniers temps. Jusqu'à tomber, par hasard, au détour d'obscures tâches d'ordre professionnel, sur le premier volume des Bêtes de Black City. Avant d'êtres trois filles de joie mutilées et revanchardes, cette belle trinité incarnait la substantifique moelle des catins de l'Ouest sauvage. Campées près du bureau de tri de l'armée de l'Union, les trois belles enchaînaient les clients, jusqu'au triste soir où une bande de soldat aux rudes manières vont les torturer et les laisser pour mortes en plus de remplir leurs orifices. Seulement, les catins sont plus coriaces que les soudards le croyaient, et passablement en colère. Leur quotidien change tristement, on les croit mortes, elles survivent en taillant des plumes dans des impasses boueuses. Mais le hasard étant de leur côté, elles vont recroiser les sauvages qui les ont agressées. Grosse soirée en perspective...

Ce one-shot a ravi votre rédacteur préféré. Les dessins sont tour à tour soignés ou bâclés, mais le talent du dessinateur est là. Ses couleurs monochromes posent l'ambiance et lient l'ensemble, en plus de rattraper les cases un peu trop vite torchées. Côté scénar, que du très bis là-aussi. Une histoire de vengeance basique et frontale, qui sent bon le nanar. Et qui permet à l'auteur d'amener des scènes pornos qui font leur petit effet qui mouille les aisselles – et pas que. Rien d'extrême - quoique, pas de SM, mais souvent de la violence et du sang. Les deux ingrédients d'une bonne série Z, en somme. Même les dialogues, pourtant dus à un seul quidam, sont mauvais – ou mal traduits. Mais ça ne fait que renforcer le charme de l'ensemble. Si vous voyez une auréole quelque part après lecture de cet album, ce sera certainement pas celle d'un ange...

Landry NOBLET

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Les bêtes de Black City t.1, Marcon Rastrelli (scénario), Lorenzo Nuti (dessin & couleurs) & MasterTabous (textes & dialogues), traduit de l'italien par Claire Nyman, 48 p., Tabou, 2011.