IMG_0838Le festival d’Angoulême vient de fermer ses portes. Chez L’écervelé, on n’était pas excité plus que ça par la sélection, à deux ou trois exceptions près. Dont Teddy Beat. Et il vient d’avoir le Prix de l’Audace.

A travers cinq histoires courtes et un épilogue romantique, Morgan Navarro nous raconte les aventures sexuelles de son héros - Teddy Beat, donc - skateur from Brooklyn, qui préfère réaliser les fantasmes types de l’hétéro que d’en rêver le soir dans son lit. Quand il part en teuf, c’est pour se retrouver dans une partouse hippie ; quand il va faire de la rando, sa voisine de camping est une adepte de l’onanisme exhibitionniste ; son dealer de LSD s’est recyclé dans le proxénétisme. Et ainsi de suite… Toutes les scènes reprennent des classiques du porno, les fantasmes moyens de l’homme hétéro du XXIème siècle, mais sans le côté anatomique et boucherie-charcuterie du X filmé. Là où Navarro parvient à faire la différence c’est avec le ton qu’il utilise, empreint de naïveté et d’humour. Son personnage n’est pas un Don Juan aux performances olympiques, mais un jeune gars lambda qui se retrouve souvent au bon endroit, au bon moment.

Avec son dessin animalier et polymorphe assez enfantin, il serait facile de passer à côté de cet album lorsqu’on le feuillette rapidement, et pourtant il mérite largement sa place dans la collection BDCul. Car ce dessin aux couleurs flashies est l’autre atout majeur de l’album. Il crée un décalage bienvenu qui intrigue dès la première page et accentue l’humour rafraîchissant qui émane de l’album. Et, contre toute attente, il parvient à faire frétiller les hormones, ce qui relève du défi tant on serait prêt à affirmer le contraire à première vue.

Sourire ou rire, on s’y attendait ; se dresser vers le ciel, un peu moins. Pourtant, Teddy Beat provoque à part égale les deux réactions.

 

Landry NOBLET

 

Une interview de Morgan Navarro publiée sur fnac.com ici.

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Teddy Beat, Morgan Navarro, 120 p., Prix de l'Audace Angoulême 2012, Les Requins Marteaux, 2011.