IMG_0807Le street art, à l’origine lié à la culture hip-hop et né en marge des lois, a donné naissance à une nouvelle génération d’artistes, issus du graph, du skate, du snowboard… On peut citer, côté français, Nikodem, Alëxone, Vinz, Kaze Dolemite. Ou Nicolas Thomas. Ce peintre grenoblois a su digérer et transcender toutes ces influences pour créer un univers propre et cohérent où se mêlent les techniques et les inspirations.

La culture nord-américaine y est très présente à travers des représentations de dollars ou de sodas. Comme dans cette toile où un prêtre boit du Coca dans un calice, non sans rappeler la représentation du pape Innocent X par Francis Bacon. Ou cette peinture sur fond de billets verts où l’on voit un homme se fourrer des dollars dans le cul.

Le sexe et les femmes en général ont aussi une place d’honneur. Les représentations féminines sont nombreuses et traduisent la sensibilité à fleur de peau de l’artiste. Sensibilité qui transparaît aussi dans le décalage entre des couleurs guimauves et la tristesse, la mélancolie qui habillent toujours les traits des personnages représentés.

Parfois seulement esthétiques - et c’est déjà beaucoup, certaines toiles de Nicolas Thomas diffusent en outre un message ou abordent un problème de société. Les thématiques sont modernes, typiques de l’artiste du 21ème siècle qui vit dans son époque : la télé, le clonage, la fuite des cerveaux… Et cela toujours traité avec délicatesse et humour.

Même avec un style où les formes sont étirées et les corps distordus, Nicolas Thomas est un mec qui connaît ses classiques, en témoignent son hommage aux Tournesols ou le mouvement et la multiplicité des points du vue, visibles à travers des représentations de personnages à l'anatomie chamboulée (trois yeux, par exemple).

Signalons enfin le superbe boulot éditorial de la galerie Spacejunk, qui a publié le recueil ici abordé, en apportant un soin particulier à la finition de l’objet (papiers différents, pages à déplier, rhodoïd, couverture toilée…), le tout pour un prix honnête. Quand quelqu’un fait du bon travail, autant le dire...

 

Landry NOBLET

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Thomas Nicolas, 220 p., Edition Spacejunk, 2008.

Pour ceux qui veulent voir les toiles en vrai, c'est jusqu'au 31/12/2011 au nouvel Hôtel de Région à Lyon, dans le cadre de l'expo Les Enfants terribles (chaudement recommandée !! ), organisée par Spacejunk.

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